14 novembre 2009

Depuis combien de temps




Une sorte de vide envahit mon esprit je vois les couleurs du lac mais je n’arrive définitivement pas à saisir les multiples nuances avec mes seuls yeux qui ne sont habitués maintenant à ne voir que le noir et le gris alors j’avance encore et encore et j’aperçois ces cailloux derniers remparts de la vie avant l’au-delà du lac glacé dans lesquels nagent peut-être les fées et les magiciens de mon enfance que l’on me contait pour m’endormir en croyant que je resterai toujours une enfant et ces cailloux sombres et noirs presque l’ultime combat que je mène et devant lequel je bute à chaque fois car je n’arrive pas à voir au-delà aujourd’hui c’est différent car il y a enfin un lien entre ce présent et ce futur qui n’existe pas encore si ce n’est dans le cri des mouettes et des corbeaux qui peuplent ce bord de lac abandonné pour des mois par un soleil malin et sournois qui se reposera de longs mois d’hiver là cette corde qui reste couchée sur les cailloux et dont les mains décharnées m’invitent dans une danse macabre à m’en emparer et à me glisser le long de son échine pour atteindre enfin le futur qui devient présent je n’ose pourtant je me casse les yeux sur la rudesse des cailloux j’aperçois dans mon esprit les montagnes de mon enfance et les visages aimés et je glisse en pensée tout doucement vers les infinités abyssales de ma vie alors la corde s’impatiente et me crie silencieusement que je dois faire un choix et que ce choix il est à portée de main pour que j’avance vers ce que j’ai toujours deviné et mon corps bascule dans le vide mes bras tournoient et mes yeux se vident de leur matière organique et pourtant je n’arrive pas à saisir cette corde car je vois qu’elle est élimée et que d’autres l’ont déjà utilisée pour partir sans dire au revoir pour crier qu’ils voulaient être morts car plus personne ne savaient qu’ils étaient vivants je pleure encore et encore et je me noie mais dans le flot de mes émotions un souffle chaud caresse mon cou mes joues et mes cheveux et j’entends la voix de la sirène de mon enfance qui me dit que mes rêves sont encore possibles et que cette corde n’est pas faite pour moi alors je recule encore et encore et je pars en courant rejoindre le monde des vivants effrayée mais vivante en pleurs et souriante satisfaite de ce que mon cerveau a montré à mes yeux fatigués on ne se refait pas on laisse vagabonder son âme pour saisir les affres de ce que l’on ne connaît pas et soudain la réalité rejaillit telle une fontaine de vie sur les déserts blancs de nos angoisses peut-être le savez-vous l’esprit qui nous anime est capable du pire et du meilleur des couleurs suaves ou des noirceurs sans fin je le sais je le vis je joue avec pour comprendre pour tester pour expérimenter ces cordes tendues en travers de mes chemins celles qui m’étranglent celles qui me plongent dans le vide celles qui m’aident à gravir les montagnes de mon enfance avec les odeurs d’herbes coupées et le bruit doux des flocons de neige j’ai enfin atteint mon rivage en ce matin mais que cette nuit fut difficile avec cette corde que je découvre dans mes mains ensanglantées depuis combien de temps est-elle là dans ma vie et autour de mes mains de mes bras de mes jambes et de mon cou

Depuis combien de temps

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Je viens d'écrire ce texte ce matin, comme une sorte d'expérimentation des dédales de mon cerveau, comme dans les Champs magnétiques de André Breton, sorte d'écriture automatique, sentiments et exutoire devant une photo que j'ai prise il y a de cela quelques semaines. Certains diront que c'est sombre, je répondrai que les dédales de l'esprit ne sont pas toujours colorés. J'ai écrit ce texte d'une traite, sans réfléchir à la chute finale, sans savoir réellement où j'allais atterrir, juste en tapant sur les touches du clavier, en laissant parler les mots, sans ponctuation, sans césure ou coupure de phrases pour bien faire sentir les sentiments emmêlés et diffus. L'emploi du "je" est également voulu, sans que cela signifie nécessairement que le "je", c'est moi. Ironie du sort de l'écrivain qui se confond parfois avec ces personnages, qui joue avec eux, les fait parler pour mieux se taire.

Il y a de cela quelques semaines, Cergie m'a décerné un nouvel Award: "le Kreativ Blogger". Ce texte fait partie de mes créations, de mon moi ou surmoi.

Je ne l'ai pas encore relu, je vais le publier tel quel, je l'ai voulu ainsi.





© Delphinium Novembre 2009

23 octobre 2009

Explosion/Implosion


Evoluant dans un monde étrange, parfois étranger, je pars, avant d'en arriver à l'explosion ou à l'implosion et de finir en morceaux. Ce blog est en pause. En pose.


© Delphinium Octobre 2009

13 octobre 2009

Cri



Nous sommes trop jeunes pour nous endormir

Mon corps crie de douleur dans cette vie aberrante
Mes poumons s’entrechoquent par manque de vie à respirer
Mes mains s’effilochent sous l’effet de cette tendresse trop gardée
Mes pieds n’avancent plus et me font tomber

Nous sommes trop jeunes pour nous endormir

Cette foi me mène en bateau je n’atteindrai jamais ton rivage
Cette douleur m’arrache des cris de folie que je contiens
Cette angoisse efface les couleurs de mes yeux
Cet enfer c’est le mien dans cette maison vide

Nous sommes trop jeunes pour nous endormir

Tu es dans mes rêves et dans mes mains mais je ne peux t’atteindre
Tu contiens cette rage maladroitement en explosant tes propres douleurs
Tu pleures encore et tu me lances tes larmes salées pour me noyer
Tu effaces tout d’un baiser et demain tu recommenceras

Nous sommes trop jeunes pour nous endormir

Je ne veux pas crever ni devenir infirme
Je crie de rage parce que je n’ai plus la force de parler
Je casse des miroirs car l’image de moi m’horrifie
Je deviens terne à force de te donner toutes mes couleurs

Nous sommes trop jeunes pour nous endormir

Vivre crever construire détruire
Lutter perdre haïr aimer
Sauter ramper courir marcher
Sourire pleurer chanter murmurer

Nous sommes trop jeunes pour nous endormir

Putain tous ces mois passés dans la pénombre
Dans l’ombre des angoisses répétées tout le jour
Putain comme tu m’as manqué dans ce désespoir
Dans le décor des cauchemars de mon esprit

Nous sommes trop jeunes pour nous endormir
M’entends-tu ?
Me comprends-tu ?

Y a des rêves à dessiner
Avec des mains pleines de pinceaux
Y a des vies à construire
Avec des yeux pleins de couleurs

Nous sommes trop jeunes pour nous endormir
Et toi je n’arrive plus à te réveiller
Nous sommes trop jeunes pour nous endormir
Et toi je te secoue dans ce monde brisé

Ne me fais pas ce sale coup de ne plus te réveiller


Ecrit dans la douleur et dédié à ceux qui souffrent


© Delphinium Octobre 2009

24 septembre 2009

Au fil de l'eau




Nos existences sont faites de toutes petites choses, de petits riens. Parfois le chemin est large, facile d'accès et tout se déroule comme on l'attendait. D'autres fois, le chemin se rétrécit, les parois des soucis se rapprochent de nous, on se sent oppressé par ce qui arrive. On se débat, on essaie de franchir le goulet le plus rapidement possible afin de retrouver le cours tranquille de nos vies. Je ne sais pas où je suis actuellement, je vois l'eau qui défile, je vois la cavité au loin, les murs qui se dressent autour de moi. Que se passera-t-il si je continue à avancer? Toutes ces interrogations qui se pressent au fond de nous, comprendre pourquoi et comment les choses arrivent. Et si on se laissait simplement glisser...



P.S La rivière s'appelle "la Venoge". Je vous invite à consulter ce lien. (cliquez dessus... et vous comprendrez, ce poème est un monument de la poésie vaudoise et ce n'est pas sans un pincement au coeur que chaque Vaudois l'entend, vous remarquerez l'accent de Jean Villars-Gilles, un pur moment de bonheur.)


© Delphinium Septembre 2009

18 septembre 2009

La vie



Le long du cours d'eau
Les reflets d'or et d'argent
La vie s'écoule


Un jour un peu particulier aujourd'hui. Une page qui se tourne, la vie qui s'écoule, qui s'effiloche un peu entre mes doigts. Parfois une angoisse qui m'étreint le coeur, ai-je pris le bon chemin, qu'est-ce qui m'attend au bord de la route? Il y a de l'or et de l'argent dans nos mains, on ne sait parfois pas vraiment tout ce que cela représente, mais c'est sans doute le signe que nous sommes vivants, pris dans les tourbillons de la vie, dans les remous de nos existences. Etre vivant, c'est sans doute cela le plus beau. Et pouvoir donner aux autres le peu que l'on a dans ses mains, c'est ce qui guide les petites rivières de l'amitié...
Je dédie ce message à mes parents qui m'ont donné cette vie.

© Delphinium Septembre 2009