Jeter des cailloux pour retrouver le chemin du retour, revenir sur ses pas, retrouver la douce chaleur du foyer aimant, comme le Petit Poucet du conte pour les enfants.
Ramasser des petits cailloux blancs, et les jeter derrière soi, de tous petits cailloux, pour ne pas trop se charger, pour ne pas devenir trop lourd, pour continuer à gambader gaiement sur le chemin, l’esprit léger chevauchant dans les douces rafales du vent. Sachant que là-bas, derrière soi, dans le creux de la vallée, brille cette douce lumière qui nous rappelle que le feu des cœurs est toujours allumé et que nous pourrons toujours raviver notre propre flamme à son contact.
Tu te crois encore un enfant, ou tu aimerais bien le croire alors tu ramasses de petits cailloux que tu sèmes derrière toi, prenant bien soin de les aligner derrière tes pas, pour retrouver où que tu ailles le chemin du retour, la douce chaleur, pour sentir leurs mains guérisseuses sur tes blessures. Tu les sèmes, tous petits et tous blancs mais tu as de plus en plus de peine à les trouver sous une forme aussi gracile. Le chemin devant toi devient rugueux, chargé de rochers orgueilleux et de soupirs lancinants dans le vent qui souffle en rafales sur ton visage. Parfois même, il devient effrayant, prenant la forme d’un visage grimaçant qui te gifle le visage en criant d’une voix tonitruante que tu es faible et que tu n’arriveras jamais à la destination voulue. Des visages te regardent derrière leurs masques affreux, certains tu les connais, d’autres pas, tu les croyais amis, ils deviennent maintenant des formes diffuses qui te saisissent dans leurs griffes acérées. Malgré tes forces qui déclinent, tu transportes des cailloux de plus en plus lourds car tu ne trouves plus de petits galets élégants. Avec tes mains qui ne sont pas habituées à gratter la terre, tu laboures le sol, tu dissèques ton âme et les cailloux grossissent, tu ne sais plus comment les transporter, tu n’as plus la force de les jeter derrière toi. Ils pèsent sur ton âme, sur ton corps menu et sur ton esprit enflammé. Ce sont des fantômes, des formes vaporeuses de pierre, des visages erratiques qui te jugent et t’enfoncent leur dague froide au plus profond de tes entrailles apeurées. Mais on t’a dit de continuer à avancer, coûte que coûte, alors tu mets un pas devant l’autre, utilisant toute ton énergie dans ce mouvement sans fin qui t’aspire peu à peu dans des gouffres ultimes. Toujours plus chargé de peines et de regrets, tu ne sais plus s’il vaut la peine de tout garder, de tout porter.
Immondes blocs de pierre qui pèsent maintenant au fond de tes poches, sur ta conscience et sur tes épaules fragiles. Cœur de pierre.
Alors que tu trébuches et que tu croules sous ton fardeau, écoeuré de la marche du monde, des amis qui se détournent et te jettent eux-mêmes leurs propres cailloux, tu t’écroules, lentement, t’enfonçant dans la terre meuble autour de toi qui voudrait bien t’enfermer à jamais dans son cercueil de vers.
Et dans cette tempête tu entends soudain une voix qui prononce ton nom, comme le prononçait ta mère sur ton berceau, avec délicatesse et tendresse. Et ce doux murmure te susurre qu’il est temps que tu arrêtes, que tu déposes les armes et que tu prennes le temps de regarder non plus seulement le chemin caillouteux mais tous les visages aimés qui te regardent et de contempler aussi le paysage qui t’entoure. Alors tu lèves tes yeux remplis de larmes et là-haut dans le ciel, tu vois de majestueux nuages blancs, effilochés ou tout gonflés d’aise, dansant une valse de coton, légers et gambadants. Et au-dessous des nuages, tu aperçois de belles montagnes, hautes et fières, solides, portant sur leurs épaules altières les neiges des premiers hivers du monde. Tu entrevois de belles vallées profondes, avec des villages adorables, tout de bois et de pierres vêtus et dans leurs demeures, tu fixes avec tendresse ces êtres qui te parlent de la vie, simple et douce et qui t’invitent à revenir dans le foyer chéri. Tu regardes également la mer, bien au loin, tout là-bas à l’horizon et sur sa cape grise et bleue, de petits bateaux élégants et fuselés t’invitent de leurs douces mains de bois à prendre le large pour voir le vaste monde qui tu ne connais pas encore.
Alors tu t’arrêtes, tu tombes à genoux, éreinté et épuisé, ne voulant plus entendre le glas de l’existence et la pendule qui scande ton nom pour le fixer à jamais sur la liste des corps perdus de l’humanité, petite chose parmi tant d’autres. Et tu pleures amèrement, doucement au début puis avec des cris déchirants qui s’échappent de ta poitrine concassée. Et n’en pouvant plus, tu vomis tous les cailloux, tu les jettes hors de toi, hors de tes cachettes enfouies au plus profond de ton être. Les cailloux s’écrasent alors dans un bruit furieux de bêtes blessées dans le fond de tes larmes et avec toutes les larmes que tu laisses couler jusqu’à terre, tu crées un ruisseau, une rivière de sel, un lac, un océan sans fin. Et là, relevant tes yeux rougis, tu revois les gens que tu aimes, les mêmes montagnes, la même verte vallée avec ses bâtisses de bois et tous ces visages accueillants et ces mains qui se tendent vers toi. Et tu comprends que où que tu ailles sur cette planète de pierre, il y a des moments de profonds découragements où chacun rejette ses cailloux qui lui labourent les chairs et s’assied pour pleurer. Mais tu perçois soudain que dans ces moments-là, derrière les larmes, derrière le torrent de tes pourquoi, ce que tu avais oublié c’est qu’il y a toujours des gens qui naviguent dans les creux de ta mémoire, avec leurs cœurs et leurs mains gaillardes et rugueuses habituées aux travaux de l’amour et l’amitié.
Alors tu sèches tes larmes, tu trempes les mains dans l’eau vivifiante, tu secoues tous tes pores de souffrance et tu te relèves, gaillardement, essuyant les rigoles sur ton visage. Et là, léger et vaporeux, tu t’élances vers la sérenité de cet univers douillet.
« Tu », c’est toi mon ami, mon amie, tous ces individus fantomatiques qui traversent le temps, labourent le chemin, trébuchent, tombent et se relèvent pour continuer sans fin, jusqu’au bout de leurs larmes. Ne reste pas un cœur de pierre face à leurs souffrances.
Ramasser des petits cailloux blancs, et les jeter derrière soi, de tous petits cailloux, pour ne pas trop se charger, pour ne pas devenir trop lourd, pour continuer à gambader gaiement sur le chemin, l’esprit léger chevauchant dans les douces rafales du vent. Sachant que là-bas, derrière soi, dans le creux de la vallée, brille cette douce lumière qui nous rappelle que le feu des cœurs est toujours allumé et que nous pourrons toujours raviver notre propre flamme à son contact.
Tu te crois encore un enfant, ou tu aimerais bien le croire alors tu ramasses de petits cailloux que tu sèmes derrière toi, prenant bien soin de les aligner derrière tes pas, pour retrouver où que tu ailles le chemin du retour, la douce chaleur, pour sentir leurs mains guérisseuses sur tes blessures. Tu les sèmes, tous petits et tous blancs mais tu as de plus en plus de peine à les trouver sous une forme aussi gracile. Le chemin devant toi devient rugueux, chargé de rochers orgueilleux et de soupirs lancinants dans le vent qui souffle en rafales sur ton visage. Parfois même, il devient effrayant, prenant la forme d’un visage grimaçant qui te gifle le visage en criant d’une voix tonitruante que tu es faible et que tu n’arriveras jamais à la destination voulue. Des visages te regardent derrière leurs masques affreux, certains tu les connais, d’autres pas, tu les croyais amis, ils deviennent maintenant des formes diffuses qui te saisissent dans leurs griffes acérées. Malgré tes forces qui déclinent, tu transportes des cailloux de plus en plus lourds car tu ne trouves plus de petits galets élégants. Avec tes mains qui ne sont pas habituées à gratter la terre, tu laboures le sol, tu dissèques ton âme et les cailloux grossissent, tu ne sais plus comment les transporter, tu n’as plus la force de les jeter derrière toi. Ils pèsent sur ton âme, sur ton corps menu et sur ton esprit enflammé. Ce sont des fantômes, des formes vaporeuses de pierre, des visages erratiques qui te jugent et t’enfoncent leur dague froide au plus profond de tes entrailles apeurées. Mais on t’a dit de continuer à avancer, coûte que coûte, alors tu mets un pas devant l’autre, utilisant toute ton énergie dans ce mouvement sans fin qui t’aspire peu à peu dans des gouffres ultimes. Toujours plus chargé de peines et de regrets, tu ne sais plus s’il vaut la peine de tout garder, de tout porter.
Immondes blocs de pierre qui pèsent maintenant au fond de tes poches, sur ta conscience et sur tes épaules fragiles. Cœur de pierre.
Alors que tu trébuches et que tu croules sous ton fardeau, écoeuré de la marche du monde, des amis qui se détournent et te jettent eux-mêmes leurs propres cailloux, tu t’écroules, lentement, t’enfonçant dans la terre meuble autour de toi qui voudrait bien t’enfermer à jamais dans son cercueil de vers.
Et dans cette tempête tu entends soudain une voix qui prononce ton nom, comme le prononçait ta mère sur ton berceau, avec délicatesse et tendresse. Et ce doux murmure te susurre qu’il est temps que tu arrêtes, que tu déposes les armes et que tu prennes le temps de regarder non plus seulement le chemin caillouteux mais tous les visages aimés qui te regardent et de contempler aussi le paysage qui t’entoure. Alors tu lèves tes yeux remplis de larmes et là-haut dans le ciel, tu vois de majestueux nuages blancs, effilochés ou tout gonflés d’aise, dansant une valse de coton, légers et gambadants. Et au-dessous des nuages, tu aperçois de belles montagnes, hautes et fières, solides, portant sur leurs épaules altières les neiges des premiers hivers du monde. Tu entrevois de belles vallées profondes, avec des villages adorables, tout de bois et de pierres vêtus et dans leurs demeures, tu fixes avec tendresse ces êtres qui te parlent de la vie, simple et douce et qui t’invitent à revenir dans le foyer chéri. Tu regardes également la mer, bien au loin, tout là-bas à l’horizon et sur sa cape grise et bleue, de petits bateaux élégants et fuselés t’invitent de leurs douces mains de bois à prendre le large pour voir le vaste monde qui tu ne connais pas encore.
Alors tu t’arrêtes, tu tombes à genoux, éreinté et épuisé, ne voulant plus entendre le glas de l’existence et la pendule qui scande ton nom pour le fixer à jamais sur la liste des corps perdus de l’humanité, petite chose parmi tant d’autres. Et tu pleures amèrement, doucement au début puis avec des cris déchirants qui s’échappent de ta poitrine concassée. Et n’en pouvant plus, tu vomis tous les cailloux, tu les jettes hors de toi, hors de tes cachettes enfouies au plus profond de ton être. Les cailloux s’écrasent alors dans un bruit furieux de bêtes blessées dans le fond de tes larmes et avec toutes les larmes que tu laisses couler jusqu’à terre, tu crées un ruisseau, une rivière de sel, un lac, un océan sans fin. Et là, relevant tes yeux rougis, tu revois les gens que tu aimes, les mêmes montagnes, la même verte vallée avec ses bâtisses de bois et tous ces visages accueillants et ces mains qui se tendent vers toi. Et tu comprends que où que tu ailles sur cette planète de pierre, il y a des moments de profonds découragements où chacun rejette ses cailloux qui lui labourent les chairs et s’assied pour pleurer. Mais tu perçois soudain que dans ces moments-là, derrière les larmes, derrière le torrent de tes pourquoi, ce que tu avais oublié c’est qu’il y a toujours des gens qui naviguent dans les creux de ta mémoire, avec leurs cœurs et leurs mains gaillardes et rugueuses habituées aux travaux de l’amour et l’amitié.
Alors tu sèches tes larmes, tu trempes les mains dans l’eau vivifiante, tu secoues tous tes pores de souffrance et tu te relèves, gaillardement, essuyant les rigoles sur ton visage. Et là, léger et vaporeux, tu t’élances vers la sérenité de cet univers douillet.
« Tu », c’est toi mon ami, mon amie, tous ces individus fantomatiques qui traversent le temps, labourent le chemin, trébuchent, tombent et se relèvent pour continuer sans fin, jusqu’au bout de leurs larmes. Ne reste pas un cœur de pierre face à leurs souffrances.
© Delphinium Octobre 2008
45 commentaires:
Je sais ce que certains et certaines vont penser en lisant ce texte. "ça y est, elle a encore écrit un texte pas drôle". C'est peut-être vrai. Mais j'avais cette photo et c'est ce qu'elle m'a inspiré.
Vous savez que j'écris souvent, inspirée par la nature dans laquelle j'évolue, les paysages alpins, la montagne à l'état brut.
J'ai voulu ici faire une comparaison entre les éléments naturels et les émotions des individus. Le coeur, la pierre, les larmes, l'eau.
Et c'est peut-être tout ce qui se passe autour de nous qui m'a aussi inspirée: cette "crise" dont nous ne savons que faire va peut-être laisser sur le carreau beaucoup de déclassés. Je suis sûre d'une chose, le coeur a une intelligence, il suffit de l'écouter et de l'utiliser.
Je vais me reposer un peu après cela, porter des cailloux fatigue beaucoup. A bientôt
Avant de m'arreter j'avais pris une decision:
"Je passe et je laisse un petit signe tout simple.."
Vous allez rire..
mais les passages ici sont toujours intimidants pour moi, je croyais qu'il me fallait etre "spirituelle"..faire attention a ce que j'ecrivais et du coup cela me demandait des jours de reflexion pour savoir ce que j'allais essayer d'ecrire.. qui ne me fasse pas honte!!
Eh bien ,voila ,je passe pour vous remercier des petits coucous sur mon blog,et pour les commentaires de la vieille bourrique pommelée qui me donnent toujours le sourire.
Et je suis ravie que cette magnifique photo d'une purete extreme,vous ai inspirée ce tres beau texte.Je ne le trouve pas triste,les larmes sont un trop plein du coeur qui se fait du bien..
A bientot, je vous embrasse.
Le ruisseau qui redescend de la montagne en roulant ses galets.
Bon je garde le texte pour 2main il est tard.
Je t'embrasse
Les cailloux sous l'eau sont nos souvenirs d'enfance que nous empressons de vouloir quitter quand nous pouvons encore aisément tremper nos pieds dans l'eau (sans prendre froid). L'enfance, nous voulons la laisser derrière nous, parfois nous l'oublions en devenant "adultes et responsables". Mais être adulte n'est pas aussi amusant que nous pensions, et à ces moments nous cherchons, parfois désespérément, les petits cailloux sans les trouver, car nous les avons abandonnés, et nous avons fait exprès d'oublier le lieu où nous les avons laissés.
Pourtant, avec un peu de chance, notre mémoire se réveillera, et nous retrouverons de nouveau ces petits cailloux magiques qui nous font garder un lien avec notre enfance, sans doute la période la plus insouciante de la vie.
Si seulement on savait, quand on est encore petit, qu'il est bon de rester enfant, au moins un peu.
J'ai oublié de dire que c'est toujours un plaisir de trouver un nouveau texte ici, qu'il soit gaie ou triste, ou entre les deux.
Je savais que tu sais écrire, mais là tu te dépasses encore ! Je l'ai lu haute voix (avec mon accent, tant pis) et dans mes oreilles ça sonne comme un vrai poème. Je l'ai lu comme un message d'espoir et d'espérance. J'ai d'abord deviné qu'il s'agissait de tes propres sentiments, mais dans tes commentaires tu fais allusion à des choses plus générales ; le hasard que tu avais cette belle photo, la crise actuelle… Mais, peut-être un prétexte à un texte plus personnelle ? De toute façon ton texte est personnel, c'est ton œuvre, un chef d'œuvre !
Je t'embrasse de tout cœur (non un cœur de pierre, mais un cœur de Peter – qui veut dire pierre, malheureusement dans ce contexte) !
Merci Delphinum , vous m'aidez à pleurer , pleurer essayer de laver mon coeur qui reste de pierre car il ne trouve pas de résonance , de réponse mais là ici avec vos mots , je vais à travers les nuages ,chercher le soleil sinon je me contenterai de la pluie pour laver mon coeur ,dans un cas ou un autre , il se passera quelque chose , ça va faire bouger peut-être mon coeur lourd de sentiment pénible.
Oh que ce texte est émouvant ! Ces pierres et ces petits cailloux, que personne ne décèle au passage des frontières, nous poursuivent et nous nourrissent mais ils nous pèsent et heureuses les larmes qui les font se dissoudre.
La photo elle aussi est émouvante avec ces filaments venant du ciel.
Dans ma Dordogne natale,Enfant on mettait des galets plats dans nos poches pour plus tard faire des ricochets.
En tant que petit poucet, je préfère me balader avec du pain (mais bon je préfère le manger plus tôt que de le jeter).
"Le petit Poucet
Est seul dans la forêt,
Ses parents l'ont perdu.
Ses frères ont disparu !
- Oui, mais !
Le Petit Poucet
En chemin a semé
Des cailloux, des graviers.
Il peut se retrouver ! " Pakita
Je repasse ce tantôt !
J'ai aussi oublié de dire que ces cailloux me rappellent ceux de mon enfance, sauf que les miens étaient encore plus petits, car c'était du sable.
>marie-noyale: mais voyons! il ne faut pas être intimidée de rentrer dans mon salon, j'accueille tout le monde avec plaisir. Merci pour le compliment concernant la photo. Je me revois la prendre, c'était en août, il faisait beau et chaud ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. 4 degrés ce matin! Bises
>bergson: c'est vrai qu'on n'a jamais vu un ruisseau qui monte sur une montagne. :-) Bon ton commentaire date de mardi, tu parlais de demain, ce qui me fait penser que demain c'était hier mercredi et toujours pas de commentaire sur le texte. Mais que fait donc bergson?? pour le savoir, je vous invite à lui rendre visite, il attend, couché dans les feuilles mortes, que les champignons sortent de terre. Il est cool ce bergson, c'est un homme de la nature. :-))
>hpy: bonjour ma petite dame. Vous avez raison, il est bon de savoir rester un peu un enfant. On l'oublie trop souvent, caché dans nos soucis, dans nos vies trépidantes. Vous allez rire, mais j'ai bien envie de racheter version CD les chansons de notre Henri Dès national. Pour celles et ceux qui ne savent pas qui est Henri Dès, c'est un chanteur suisse qui chante pour les enfants. Quand j'étais petite, je m'asseyais à côté de la chaîne stéréo et j'écoutais les comptines. Et quand je les ai réentendues dernièrement chez mes parents, cela m'a ramenée des années en arrière, temps de l'insousciance et j'en ai eu les larmes aux yeux. Je vous embrasse
>hpy: encore vous? Vous savez, écrire n'est pas toujours facile, je n'ai pas une cadence très régulière depuis un certain temps voire un temps certain.
>peter: ne sois pas trop dithyrambique dans tes éloges, je rougis facilement. Ce texte un chef d'oeuvre? Il ne voulait pas l'être, juste un exercice de style comme ils sont nombreux ici, comme tu le sais. Une belle photo doit s'accompagner de quelques paroles pour l'agrémenter. Pour ce qui est de personnel dans ce texte, ou dans tous les textes qui figurent ici, je brouille les pistes, comme tu le sais, comme cela personne ne sait qui je suis vraiment, là, tout au fond, je garde l'anonymat. :-)) Je sais je sais c'est raté. Bises
>soulef: vous n'avez pas un coeur de pierre belle dame, comme je le disais sur votre blog, vous êtes une battante et votre coeur est la caisse de résonance de tous vos combats. C'est cela qui vous rend si belle de coeur. Dame de coeur, je vous embrasse
>therese: il est très touchant ce commentaire. Vous avez bien saisi le sens du texte, je suis contente que mes cailloux traversent les frontières avec mes mots. Merci également pour le compliment concernant la photo. Je vous embrasse dame de l'ouest.
>olivier: mon petit bonhomme: je n'ai jamais réussi à faire des ricochets mais je ne suis pas très habile de mes dix doigts, c'est vrai. Et le pain, miam, un bon morceau de pain avec un bon morceau de Gruyères salé et un bon verre de rouge. On devrait s'organiser un pic-nic! Bises
>claude: vous avez oublié mes blouses, elles sont là sur le fauteuil et merci aussi de repasser mes chaussettes.
>hpy: le sable, ça gratte plus que les cailloux. Vous pourriez écrire un texte sur le sable non? :-)
tu ne connais pas la célèbre légende du lampadaire du roi arthur. Il avait un chien qu'il adorait par dessus tout au monde, plus que ses femmes, ses enfants et ses parents, et quand il bougeait avec son chien adoré, il y avait toujours un pauvre larbin qui suivait avec le lampadaire du chien du roi arthur, car le roi arthur (non le chien) ne pouvait se soulager que sur CE lampadaire.
Evry a voulu rendre aussi hommage au chien du roi arthur
>olivier: pour celles et ceux qui ne comprennent pas forcément ce que le commentaire de Olivier vient faire dans le schmilblick concernant les cailloux, se référer à son blog et à mon commentaire du jour.
Je ne savais pas que le roi Arthur faisait comme les chiens, à savoir se soulager contre un lampadaire. Un mythe s'écroule. Je pensais que Arthur était un roi sophistiqué.
"je suis sûre d'une chose, le coeur a une intelligence, il suffit de l'écouter et de l'utiliser": l'intelligence du coeur en quelque sorte, à utiliser cette intelligence comme vous venez de le faire avec ce beau texte qui peut être un chemin intérieur pour chacun et chacune !
Merci !!!
Delphes, mon petit poucet, ma douce, ma tendre... exercice de style, sûrement pas. Il y a trop de vraies larmes au fond de ces mots pour n'être qu'un jeu d'écriture à la raymond queneau. Autobiographique ou pas, peu importe, seul celui qui a vécu le poids de ces cailloux peut en parler de la sorte.
Dans ce lit de galets transcendé par la lumière fluide de l'eau, tu as vu la douleur des hommes et tu en parles avec une intensité qui, comme Peter, m'a bouleversée.
Oui tu écris plus que bien, tu écris avec tes tripes, avec tes cris déchirants, avec ton coeur meurtri, avec tes mains déchirées par les cailloux du chemin, avec tes yeux pleins de larmes qui se lèvent vers les montagnes.
Merci de partager avec nous cette humanité là.
Puissions-nous faire partie, juste un peu, de ceux qui aident le marcheur à retrouver le chemin de la maison.
Je t'embrasse.
Je repense à Soeur Emmanuelle qui avait l'habitude d'aborder les personnes qu'on lui présentait en les tutoyant et en leur demandant "et toi, qui es-tu ? que fais-tu pour les autres ?"
Qu'ai-je à répondre ?
Quel contraste entre tes textes et tes commentaires délirants. Voilà, encore une fois je suis triste à te lire. Mais c'est si beau !
Tu repars et j'espère que tu as laissé derrière toi un petit fil de petits cailloux de lumière, comme un fil d'or d'Arianne pour et amis bloggueurs, qui j'espère te sont précieux. Allez ! Reviens vite ! BISES.
J'ai oublié! Tu sais, la raclette c'est comme la pizza, c'est universel maintenant. T'inquiète ma raclette à moi est bien française ! RE BISES !
>fifi: quand les gens commencent à me citer, c'est que je deviens quelqu'un d'important... non je plaisante. :-)) J'aime bien l'image "du chemin intérieur" que vous évoquez. Ahhhh, vous voyez, je vous cite aussi! merci du passage
>nathalie: il est beau ton commentaire. Il est tellement bien que je n'arrive pas à répondre. Alors je vais répondre par une bêtise, c'est parfois bien de dire des bêtises, c'est une sorte d'échappatoire. Tu dis que j'écris avec mes tripes, mais ce n'est pas vrai. J'écris avec mon clavier, parfois avec un crayon et un papier, cela fait moins de tâche que les tripes. :-)Quant à soeur Emmanuelle et à ce qu'elle disait: chacun fait ce qu'il peut comme il peut pour les autres, ce n'est pas donné à tout le monde de faire ce qu'elle a fait, ce n'est pas pour tout le monde de devenir médecin sans frontière, ni de bosser au CICR, par contre serrer une main ou faire un sourire, c'est déjà pas mal, c'est déjà un pas sur le chemin de l'humanité. Aider ceux qui sont sur le mauvais chemin caillouteux, qui trébuchent, leur sourire et leur dire que tout ira bien, ça c'est de l'humanité. Voilà, là je ne raconte plus de bêtises, je suis redevenue Delphinium et ses tripes.
merci de ton passage et bises!
>claude: je joue sur les contrastes, c'est cela qui fait une belle peinture non? Je ne veux pas que tu sois triste ma petite claude, tu sais bien que je suis un peu bipolaire. C'est un texte plein d'espérance, il faut le prendre comme tel. Et puis pour la raclette française, je trouve le concept très intéressant... j'aimerais bien y goûter. :-)
allez ma petite dame, plein de bises pour toi et ne sois pas triste!
Content de te voir commenter avec tes variantes de style, Delphinium, Delirium, Delicium... On les aime toutes!
Quelques petits jus de pommes pour toi ce soir ! C'est sans danger, sauf pour le transit !!!
Il me faut du temps pour apprécier tes textes toujours magnifiques et qui me laissent souvent sur le c..
Qu'il soit gai qu'il soit triste.
On vient ici on lit on blague on vit...
Mais on revient toujours
Je m'étais noyé en cherchant mon caillou dans ce ruisseau (qui coule vers la vallée c'est confirmé).
ce texte est peu être triste, mais il est le reflet de la vérité
rare , très rare, de trouver des personnes sincères autour de soi,
mais il faut tourner la page et avancer au risque de se détruire
je vous embrasse
Oui Peter a raison encore une fois : Delphinium, Delirium, Délicium, on les aime toutes infiniment.
Que de compliments et d'amitié dans ces commentaires, cela me touche infiniment, vous ne pouvez pas vous imaginer quel bien cela fait de vous savoir toutes et tous ici, en train de lire, de blaguer, de pleurer peut-être parfois mais toujours de revenir. Je vous embrasse
>peter: quelle personnalité complexe que cette delphinium... :-))
>claude: c'était quelques bières hier soir, pas de jus de pomme. :-) Je prends exemple sur toi.
>à mon petit bonhomme de la nature: tu sais, ton commentaire vaut tout l'or du monde. On trouve l'or, les pieds dans la rivière, en train de tamiser l'eau et les cailloux. Bises!
>esperance: c'est vrai que les personnes sincères ne sont pas légion mais quand on en trouve il ne faut plus les lâcher! Bises
>nathalie: on devrait se demander si une fois peter pourrait avoir tort...? :-)) merci en tous les cas pour ces mots qui me touchent. Bises et bonne fin de semaine
Chère Delphie, juste un petit mot pour te dire que je serai absente du monde des blogs pendant une semaine du 24 au 30 octobre (en vacances en famille). Je voulais te dire que mon billet de demain (posté en automatique) sera un clin d'oeil pour toi, tu comprendras en le voyant... ça a à voir avec les acariens.
Je ne serai pas là pour venir te faire de fréquentes petites visites mais je penserai à toi.
Bises
N.
Ma douce maman ramassait toujours de petits galets tout doux sur les plages et les glissait dans ses poches. Quand elle n'a plus été là, j'en ai trouvé dans ses vêtements vides et ces petits cailloux pesaient alors très lourd, ils étaient froids et durs et morts et pourtant ils étaient là et plus elle qui avait été si vivante. J'aurais voulu les jeter au loin avec rage et pourtant je les ai gardés. Pire, moi aussi aujourd'hui je glisse des galets dans mes poches.
Pour en revenir à la raclette française, et surtout sur ce qu'on boit avec, moi personnelement j'aurais bien une petite mousse fraîche, mais les allemands ayant opté pour du pinard, on a servit un bon Morgon.
En plus le fromage était délicieux.
C'est bien de venir ici, lire les commentaires, car ils ont été écrits avec les tripes et les boyaux.
Ecrire quelque chose sur le sable, moi? Chez moi, maintenant, il n'y a plus de sable, il n'y a que des gros galets qui roulent sous les vagues qui déferlent sur eux comme les mauvaises nouvelles mondiales sur nous.
Mais après tout, les nouvelles de faillites, de mise en chômage, technique ou pas, et tutti quanti, ne sont que de petits grains de sable qui se mettent dans la machinerie, et qui font des misères autour d'eux.
Voilà, j'ai écrit sur le sable (j'aurais mieux fait de me trouver une plage au sud et au soleil, et de m'étaler dessus, mais ce n'est point dans mes habitudes, et puis, après tout, est-ce que ça aurait changé quelque chose à la crise financière qui est devenue économique?).
Faut-il vraiment que je fasse un post sur le sable?
Très beau texte.
J'adore surtout les dernières lignes:
« Tu », c’est toi mon ami, mon amie, tous ces individus fantomatiques qui traversent le temps, labourent le chemin, trébuchent, tombent et se relèvent pour continuer sans fin, jusqu’au bout de leurs larmes.
Rien à dire. C'est limpide comme cette eau calme qui sert de loupe à vos souvenirs.
Votre photo elle m'a rappelé mon enfance colliourenque :)
Moi les cailloux je les mets pas dans mes poches , je les mets devant mon écran.
Chacun à son histoire et a été ramassé dans un endroit qui m'a marqué.
Et si les décideurs n'arrêtent pas leurs conneries j'en amenerai quelques uns à Léo :
Comme une fille
La rue s'déshabille
Les pavés s'entassent
Et les flics qui passent
Les prennent sur la gueule
Paris, Marseille
Les rues sont pareilles
Quand le sang y coule
La mort y roucoule
Une rose dans la gueule
Comme une fille
Qu'a les yeux qui brillent
Et met ses grenades
Sur la barricade
La rue a ses charmes
Et les flics en armes
Les prennent dans la tronche
Paris ou Nantes
Les rues sont patientes
Jusqu'à la nuit blême
Des pavés qu'on sème
Quand le sang y gerce
Et que la mort y berce
Le passant qui bronche
Comme une fille
La rue s'déshabille
Les pavés s'entassent
Et les flics qui passent
Les prennent sur la gueule
Paris Marseille
Les rues sont pareilles
Quand le sang y coule
La mort y roucoule
Une rose dans la gueule.
Alice, Bergson, Hpy, tous, vos mots me soufflent. Quelle forte et magnifique humanité ici !
Je suis épatée par ce que Delphinium a su créer entre nous. Merci Delphie, tout ça, c'est grâce à toi.
Je t'embrasse.
Fort.
(tu viendras voir mon pseudo acarien?)
>nathalie: alors je te souhaite de bonnes vacances, prends le plein de soleil, de nuages, de pluie, de brouillard et profite de la famille, c'est primordial et reviens-nous avec de belles photos. Je t'embrasse!
et je vais aller voir ton blog, promis.
>alice: votre commentaire m'a beaucoup touchée. Vous avez bien fait de garder les petits cailloux, une façon de garder votre maman près de vous. Et puis vous faites bien de ramasser vous-même des cailloux, je suis sûre que la maman tout là-haut regarde sa fille avec tendresse. Bises
>claude la bonne vivante: rien ne vaut la raclette AOC valaisanne!
>hpy: ma petite dame, vous écrivez sur ce que vous le désirez, votre commentaire sur le sable est très parlant comme cela. On dit aux enfants avant qu'il aille dormir que le marchant de sable va passer, je trouve que c'est une très belle image non? Bises et bon WE
Ah oui, pour la plage au Sud, ce n'est pas mon style non plus. :-))
>lislandais: merci du passage! et pour le compliment. C'est vrai que j'aime bien aussi la fin du texte. Quant à l'enfance colliourencque, j'ai dû aller chercher sur internet pour savoir ce que c'était. Un petit village en bord de mer dans les Pyrénées. Si c'est bien cela, le village a l'air tout à fait charmant. A bientôt!
>l'homme qui murmure: joli pseudo! :-) mon papa ramassait aussi des cailloux quand il allait faire de la haute montagne, et il revenait à la maison et les donnait à sa femme, qui a monté un petit endroit exprès sur une étagère pour y mettre les merveilleux cailloux. Il y a des cailloux fossilisés, des granits, etc. etc. Et chacun a aussi une histoire. Quand j'allais en bord de mer, je ramassais des coquillages. Mais maintenant je vais rarement en bord de mer, je reste à la montagne. Ca donne moins le mal de mer. Et merci pour la petite chanson mon petit bergson. bises et bon WE
>nathalie: comment? tu n'es pas encore partie? :-)tu as raison, il règne une belle ambiance ici. Et c'est grâce à tout le monde, du plus petit commentaire au plus grand, du délire au commentaire plus tripant. Merci à toutes et tous et bon WE
Surprenant ce texte ! Triste, certainement, mais rempli de vérité...
Je vais l'imprimer, et le relire à tête reposée...
Euh, je dis bien sûr coucou à mon "frère" le nounours, sur la droite...
Un petit bonjour en passant.
Alors c'est comment le transport en commun?
Toi qui chasse l'acarien en permanence fait attention le soir il risque d'y avoir quelques odeurs dans cette foule!!
Mais en Suisse les gens ne sentent pas mis à part le parfum ou le propre ;-)
>webradio: mon nounours vous salue bien aussi!
>bergson: pas encore pris le fameux truc qui monte et qui descend, ce sera pour tout à l'heure. Pour l'instant j'essaie de m'accrocher à mes bouquins et à un semblant de motivation qui part tout doucement, comme les feuilles qui virevoltent dans le vent froid. Bises!
Si vous ne voulez pas venir repasser ce soir, vous pouvez repasser demain matin. Ca ne me gène pas, j'ai encore un ou deux t-shirts à me mettre. Mais après ce sera trop tard!
En plus, demain matin il y aura un award pour Delicium sur mon blog. Mais pas avant.
Bonsoir Delphinium, je passe et je lis et je pense moi qui ai des cailloux aussi dans ma mémoire et de la terre (tu sais, les cailloux de Moselle, si doux, qui donnent si bon goût à la soupe et les cailloux du Rhin qui sont si plats à Düsseldorf après avoir roulé leur bosse depuis la Suisse), je pense que les cailloux ne sont pas forcément un poids. Mais l'image est très belle. Elle dit ce qu'elle veut dire.
Le galet de Moselle (en granit pas ne grés qui use la peau) me sert à me frotter dans la douche pour avoir la peau douce ; il m'a été donné par Maman, qui l'a ramassé et choisi pour moi.
Je ramasse des pavés partout où je passe. Ils sont ma mémoire des villes où j'ai aimé aller.
Que cela soit le ciel ou les montagnes, l'important est de voir ce que sont nos attaches, ce qui nous rend fort. Ne pas nous encombrer le coeur et la tête avec ce qui pèse et ralentit.
Je trouve ta photo magnifique avec cette eau et cette lumière qui rend les cailloux si beau. Vois comme ils sont encore de forme acérée ; après avoir roulé ils deviendront tout autres.
C'est ça, il ne faut pas se laisser abuser par ces petits durs, ils ont la peau bien tendre.
Je savais ce qu'HPY allait faire de cet Award
;o)
J'ai lancé un petit galet dans l'Ocean.Il a fait quelques petits ricochets avant d'atteindre les montagnes d'Helvetie...
Petit coucou pour commencer la semaine.
Les citrouilles prennent leur revanche sur les cailloux mais cela ne durera pas et elles le savent alors elles s'affichent sous leur plus beaux atours.
Les cailloux eux lourds ou légers ne s'usent que si l'on s'en sert. On peut les contempler les contempler aussi.
tiens Delphinium est restée coincée dans le métro.
Tu aurais du amener quelques cailloux pour casser une vitre !
>cergie: se passer des cailloux sur le corps pour avoir la peau douce! :-) Il faut que j'essaie! Et puis ramasser des pavés, faut le faire, je ne sais pas si la voirie des villes que tu traverses serait très d'accord avec ton procédé. Mais il est vrai que sous les pavés, la plage. Merci pour ton beau commentaire ma petite cergie. Et pour le compliment concernant la photo, c'est vrai que j'en suis bien contente de cette photo. Je t'embrasse!
>marie-noyale: merci pour le coucou. J'espère que les courges se défouleront bien en fin de semaine chez vous!
>therese: je pense que creuser un caillou est beaucoup plus difficile que de creuser une courge. Quand on a mal au crâne, on dit parfois qu'on a "mal au caillou". On pourrait dire: "tiens j'ai mal à ma citrouille" mais là on se ferait prendre pour une courge et on perdrait toute crédibilité. :-) c'est dur la vie quand même. Bises!
>bergson: mais non, mais non. Et il est fabuleux ce nouveau métro, tu ne te rends pas compte! :-)
Enregistrer un commentaire