Un père disait à sa fille: "si tu ne sais pas où aller, reviens à la maison".
J'ai cherché le bonheur là-haut sur ma montagne, dans les prés verts de ma vallée, dans les étoiles, dans les vents furieux de l'automne et dans la neige immaculée de l'hiver.
J'ai cru une fois avoir trouvé ce qui pouvait incarner ce bonheur. Et j'ai aimé passionnément cette nouvelle découverte. Comme si j'étais redevenue petite fille, comme si j'avais effacé toutes les douleurs du passé.
Et puis ce bonheur s'évade, s'étiole, prend peur. C'est donc moi qui lui fait peur? Suis-je trop avide de le croquer? Mon coeur déborde et le bonheur a peut-être peur des inondations, des lames de fond qui ravagent tout sur leur passage. Je cherche des solutions, je continue à grimper sur cette foutue montagne, espérant que de l'autre côté brillera ma verte vallée.
Mais maintenant je suis vide, affreusement vide de ce trop-plein qui m'a envahie pendant des mois, des semaines. Comme si j'avais accouché contre mon gré. J'aurais voulu retenir tout cela près de moi, serré contre mon coeur.
Peut-être que j'ai fait plus de mal que de bien? Mais j'étais tellement sûre de faire le bien. Je ne sais plus où aller maintenant. Je ne sais plus...
Papa, je t'en prie, remontre-moi les merveilles de la nature parce que je sens que je m'enfonce dans ce fameux trou noir, dans cette chambre où retentissent les cris de toutes mes questions.
Je t'en prie...
Où est donc l'endroit qui pourra sécher toutes ces larmes?
© Delphinium Août 2008