Parfois une envie glaciale de tout quitter l’étreignait. Tomber lentement dans ce lac si grand, dans un léger bruit que personne n’entendrait si ce n’est les montagnes au loin, spectatrices solitaires et silencieuses de son dernier voyage au fond des abîmes. Le lac la saisirait dans ses doigts visqueux et la laisserait au fond sur un lit de sable pendant que les troncs d’arbres se souviendraient encore longtemps de l’éclat de son corps qui s’affaisse dans les vagues grises et mélancoliques.
Novembre, si froid et si sombre. A cette période arrivaient toujours des idées un peu noires qui préfiguraient l’hiver qui s’annonçait aux portes de la ville. Au fur et à mesure que les jours passaient, la lumière déclinait. La montagne au loin attendait les bourrasques de neige, le lac se parait de gris et de bleu acier. Et les arbres lentement retrouvaient leur taille squelettique, silhouettes fantomatiques au bord des avenues terrestres, sur les contours dentelés du lac et dans les ténébreuses forêts hors des murs de la cité. Quelques couleurs d’automne résistaient encore aux frimas qui arrivaient, tels des conquérants venus du Nord, pétrifiant la nature sur leurs passages guerriers. L’esprit, lentement, se recroquevillait sur lui-même, déjà frigorifié par les premières bourrasques de vent. Chaque année, le froid la surprenait toujours, ouvrant des brèches sans fin dans son corps gracile.
Novembre, si froid et si sombre. A cette période arrivaient toujours des idées un peu noires qui préfiguraient l’hiver qui s’annonçait aux portes de la ville. Au fur et à mesure que les jours passaient, la lumière déclinait. La montagne au loin attendait les bourrasques de neige, le lac se parait de gris et de bleu acier. Et les arbres lentement retrouvaient leur taille squelettique, silhouettes fantomatiques au bord des avenues terrestres, sur les contours dentelés du lac et dans les ténébreuses forêts hors des murs de la cité. Quelques couleurs d’automne résistaient encore aux frimas qui arrivaient, tels des conquérants venus du Nord, pétrifiant la nature sur leurs passages guerriers. L’esprit, lentement, se recroquevillait sur lui-même, déjà frigorifié par les premières bourrasques de vent. Chaque année, le froid la surprenait toujours, ouvrant des brèches sans fin dans son corps gracile.
Mais elle avait rencontré l’été. Un jour d’automne. Elle ne savait plus quand exactement, mais cela n’importait guère. C’était il y a peu, c’était il y a longtemps. Comme un embrun chaud qui avait soufflé sur sa vie, l’étrange impression de sentir tout son corps se réchauffer devant son regard qui la déshabillait doucement, sans hâte, avec la patience de l’amoureux qui sait que tout arrivera lorsque le temps aura effacé toutes ses peurs de femme blessée.
Depuis ce brasier incandescent qui a brûlé ses souffrances, elle attend patiemment l’hiver et les bras chauds de l’amant qui enserreront sa taille, sa voix douce qui lui susurrera que l’hiver n’est pas long, que le soleil froid se réchauffera le printemps venu et que les feuilles vertes surgiront à nouveau, fougueusement, sur les cimes des arbres maintenant décharnés.
Toi, mon été, à chaque saison, ton souffle chaud sur ma peau et tes yeux si bleus qui me racontent inlassablement les mers lointaines et le ciel bleu au-dessus des nuages, prends-moi doucement dans tes bras pour ne pas que je glisse sur les verglas de la vie, que mon corps se consume dans la tristesse de l’abandon et ensemble, dans le brasier de notre amour, regardons doucement les lumières de l’hiver nous envelopper paisiblement.
© Delphinium Novembre 2008
